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La confiance dans le cadre d’une relation mentor-mentoré

La nuit a effectivement été mon havre à maintes reprises… C’est lorsque j’étais assise sans bouger, plongée dans l’obscurité, que j’ai connu mes moments les plus forts, à l’écoute des voix contradictoires qui s’emparaient de mon esprit. On peut apprendre beaucoup de choses sur soi dans l’obscurité; mais la chose qui est irréfutable lorsqu’on est assis dans le noir, c’est que l’on prend pleinement conscience de qui on a choisi d’être. Pour moi, c’est une forme de méditation, un moment où je laisse l’obscurité m’envahir et accepte toutes les pensées qui s’emparent de moi à ce moment-là. Dans de tels moments, j’ai l’impression de succomber à l’obscurité.

Dernièrement, je me suis surprise à réfléchir à l’impact que j’avais comme mentor auprès des personnes effectuant des études pour devenir psychologues ou coachs accrédités. Je pense que la « confiance » est l’ingrédient secret qui consolide une relation mentor-mentoré axée sur la collaboration. Je considère aussi que lorsque la relation est fondée sur la confiance, mon rôle de mentor ne nécessite aucun effort. Pour sa part, mon mentoré a le sentiment de détenir le pouvoir d’agir. En fait, comme l’a dit Urie Bronfenbrenner, « Nous avons tous besoin de quelqu’un [au moins un adulte] qui nous vénère sans condition ». Une relation basée sur la confiance fait en sorte que vos mentorés ont le sentiment qu’ils peuvent réaliser leurs objectifs parce que vous croyez en eux.

La confiance n’est-elle pas inhérente à la survie? Il s’avère que le cerveau biologique est programmé pour être constamment en état d’alerte. Dans sa forme rudimentaire, il est très primitif puisqu’il sonde constamment l’environnement pour repérer les menaces avant d’informer l’esprit de la prochaine mesure à prendre. Le cerveau humain est fugace et constamment à l’affût de ce qui l’entoure. Cette vigilance est profondément ancrée… un peu comme un bourdonnement d’anxiété. Le cerveau préfère se tourner vers l’extérieur pour repérer les menaces, rendant ainsi plus difficile de regarder vers l’intérieur. Il génère des sentiments qui vont à l’encontre du véritable bonheur. Au niveau conceptuel, nous nous protégeons constamment. Notre cerveau crée le dualisme « Je » versus « Eux ». La structure de notre cerveau avec ses différents circuits nous relie intimement à nos corps. Lorsque nous nous sentons critiqués, nous pouvons ressentir cela comme une menace. En fait, certains de nous décrivons cette menace physiquement « comme un coup de poing dans l’estomac », voire « comme un coup de poignard au cœur ». Notre cerveau gère constamment les multiples perceptions qui le bombardent, ce qui nous aide à survivre. Mais ces perceptions n’en demeurent pas moins difficiles à gérer lorsque nous souhaitons atteindre une paix intérieure. Nous luttons constamment sur deux fronts : nous cherchons le plaisir pour éviter la douleur; nous allons vers quelque chose ou au contraire fuyons; nous apprécions ou n’apprécions pas; nous haïssons ou aimons; nous jugeons ce qui est bon et ce qui ne l’est pas, et ainsi de suite. Nous voulons plus, visons plus haut et exigeons davantage dans notre quête de sécurité et d’un sentiment d’appartenance.

Comment alors bâtir la confiance dans une relation mentor-mentoré? Fondamentalement, comment travaillons-nous ensemble pour établir une relation qui cible la satisfaction, le plaisir et l’accomplissement sans nécessairement éviter les sentiments déplaisants, l’inconfort et le malaise, lesquels sont tous indispensables pour découvrir de quoi nous sommes vraiment faits?

Je ne prétends avoir la réponse à cette question. Tout ce que je peux faire, c’est vous communiquer ce que j’ai humblement réalisé à la suite de mes expériences personnelles en tant que mentor et mentoré, et du travail de formation que nous avons accompli (sur le plan conceptuel et au terme de nos recherches) pour aider des leaders à être des mentors et mentorés efficaces.

Il semble y avoir quelques actions (sans ordre d’importance particulier) qui peuvent, en fait, établir les bases d’une relation de confiance qui peut s’épanouir et perdurer. Toutes ces actions présentent une importance égale, et chaque action peut survenir en même temps que d’autres.

Action 1 : Soyez honnête par rapport à la relation que vous avez ensemble. La confiance ne se bâtira pas nécessairement en une seule séance. Elle peut nécessiter quelques séances et conversations.

  • Pour le mentor: Écoutez sans interrompre, sans juger et sans constamment faire de liens avec vos expériences personnelles. Faites simplement écouter puisqu’il ne s’agit pas de votre histoire, mais de celle de votre mentoré. N’oubliez pas que vous voulez éviter de déclencher la tendance fugitive du cerveau.
  • Pour le mentoré: Faites un acte de foi et déterminez où vous êtes et où vous aimeriez être. Préparez votre esprit à apprendre, à accepter la rétroaction et à évoluer.

Action 2 : Partagez mutuellement vos expériences. La trajectoire qui vous a conduit là où vous souhaitiez être en tant que mentor n’est pas plus importante que celle que votre mentoré est sur le point de suivre.

  • Pour le mentor: Parlez honnêtement de votre histoire en ne cachant pas les défis auxquels vous avez été confronté. Dites à votre mentoré comment vous avez surmonté les défis rencontrés. Le cerveau est programmé pour éviter de faire face à des pensées et sentiments déplaisants; allez à l’encontre de cette tendance en en parlant.
  • Pour le mentoré: Concentrez-vous sur les défis dont votre mentor vous fait part, et demandez-vous comment vous allez vous préparer aux défis à venir. Vous pourriez peut-être rencontrer les mêmes défis que votre mentor. Il est presque certain que vous ne percevrez pas les mêmes défis de la même façon. Cette situation se traduira par un éventail différent d’émotions, de parcours de découverte et de résultats.

Action 3 : Mettez-vous mutuellement au défi en faisant une demande. Cette façon de faire établit un co-partenariat et vous rappelle tous les deux que vous pouvez l’un et l’autre tirer des enseignements de l’échange d’idées, d’histoires personnelles et de points de vue sur un éventail de sujets.

  • Pour le mentor: Proposez à votre mentoré des exercices qui approfondiront sa réflexion et examinez les résultats au regard de ce que votre mentoré a appris sur lui. Il peut s’agir, par exemple, d’exercices qui confrontent votre mentoré à ses peurs. Le cerveau préfère les expériences agréables même si sa vigilance constante peut amplifier les préoccupations.
  • Pour le mentoré: Demandez à votre mentoré ce qu’il ou elle pourrait faire moins ou davantage. Votre mentoré parle peut-être trop de son histoire et n’est pas assez à l’écoute de la vôtre. Il ou elle demande que vous portiez attention aux choses dans l’environnement qui le préoccupent lui ou elle, mais pas vous. Rappelez-vous que le cerveau est programmé pour se protéger et interprétera donc les expériences selon ce qui lui procure un sentiment de bien-être.

Lorsque vous êtes capables de vous faire face, de vous faire écho et de vous mettre au défi, vous établissez une relation de confiance. Et lorsque vous atteignez cet état de coexistence, il est important de le maintenir. Votre dernière action consiste donc à réévaluer constamment votre relation en vous posant des questions telles que « Où en sommes-nous? Comment nous sentons-nous par rapport à notre relation? Que pourrions-nous faire autrement? ».

 Mot de la fin

Il est indéniable que le fait d’avoir conscience de soi nous rend plus aimables. Honnêtement, nous avons tous caressé de grands espoirs pour nos mentorés. N’est-ce pas ce que nous en sommes venus à affectionner? La transformation réelle ne peut cependant survenir que si nous sommes attentifs à cette partie de nous qui désire plus pour nos mentorés que ce qu’ils désirent pour eux-mêmes à l’heure actuelle. Être en mesure d’aller au-delà de ce que NOUS voulons retirer de la relation est ce qui fera de nous des êtres capables d’une plus grande compassion et confiance.

En tant que mentor, je vous demande de ne rien prendre pour acquis. Vous n’êtes pas l’expert dans la vie de votre mentoré. On vous a tout simplement accordé le privilège de l’accompagner vers la découverte de son cheminement personnel. C’est un moment dans le temps où chaque conversation avec vos mentorés offre une occasion de leur faire réaliser tout leur potentiel : ce que vous avez vu en eux lorsqu’ils se sont assis devant vous pour la première fois.

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