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L’attention soutenue : La voie vers l’intégrité

J’opte pour la bienveillance dans la mesure du possible.
 C’est toujours possible.

Je choisis de voir au-delà des mauvais choix que font les gens dans leur vie.
Ce ne sont pas leurs mauvais choix qui les définissent.

Je choisis de voir au-delà de ce qui semble évident chez la personne qui se trouve devant moi.
 Les gens sont plus que la somme de leurs parties.

 

En fait, je choisis d’accorder de l’attention aux histoires que vivent les gens. Ce qu’ils racontent en dit long sur leur vision du monde. Cette vision du monde conditionne leur façon d’interagir avec les perspectives de croissance et de développement.

Si vous passiez une journée avec moi, vous entendriez des histoires qui entremêlent la solitude et la gloire; le courage et la perte; l’indécision et la détermination. Vous en viendriez à réaliser que les gens sont vraiment remarquables et capables de grandes choses… Si, et seulement si, ils choisissent de lâcher prise face à ce qui occupe leur esprit et de vivre dans l’ici et maintenant.

J’ai l’habitude de dire à mes clients de sortir de leur « tête » et de vivre le moment présent même si celui-ci est douloureux, marqué par l’indécision et difficile. Essentiellement, je leur dis de tout simplement vivre, et de réfléchir à la proposition suivante : La voie à suivre réside non pas dans le dialogue qui joue dans votre tête, mais dans l’observation des choses telles qu’elles sont dans l’ICI ET MAINTENANT.

Pour observer comment les choses se passent réellement, nous devons exercer notre esprit à se concentrer sur ce qui se déroule sous nos yeux. En consacrant le temps nécessaire à cet exercice, chacun de nous peut réussir à être complètement présent. Nul besoin de méditer chaque jour, bien que cela s’avérerait utile. Ce qui compte, c’est de concentrer son attention sur les choses qui arrivent dans le moment présent. Comment y parvenir?

Pour commencer, je considère notre « attention » comme toute autre ressource précieuse. En cette ère d’information, notre attention est constamment détournée par les objets rutilants dans nos vies. Toutefois, à l’instar de toute ressource précieuse comme le blé, l’eau et le pétrole, elle est limitée. Et tout comme n’importe quel effet de réseau, elle prend de la valeur avec l’usage.

Que veut-on donc dire exactement par « prêter attention » et quel est le rapport avec la « bienveillance »; voir au-delà des mauvaises décisions ou des erreurs et réaliser que les gens (y compris soi-même) sont plus que la somme de leurs parties?

Voici la réponse :

« Plus vous vous exercez à recentrer votre attention sur les choses qui importent vraiment dans votre vie, plus vous vous rapprochez d’une vie empreinte d’intégrité. »

À mon avis, un fort sentiment d’intégrité comporte trois facteurs interreliés :
(1) Se considérer comme valant plus que la somme de nos parties; (2) réaliser que nos mauvaises décisions ne définissent pas qui nous sommes; et (3) faire preuve de bienveillance envers soi et envers autrui.

Nous sommes plus que la somme de nos parties

Le premier facteur exige que nous nous percevions comme valant plus que la somme de nos parties. Cela veut dire que notre degré d’intelligence, nos aptitudes actuelles et nos compétences ne nous définissent pas complètement. Nous ne sommes pas limités par ces parties définies et circonscrites. En fait, c’est la façon dont nous intégrons toutes ces parties ensemble lors de nos interactions dans certaines situations et avec les gens qui nous conduira éventuellement vers ce qui importe pour nous. Vous rapprocher de ce qui compte vraiment pour VOUS; c’est vivre avec intégrité!

Permettez-moi d’illustrer ce facteur en racontant l’histoire de deux personnes :

Commençons par Kim. Lors de notre première rencontre, Kim s’est présentée à sa session de coaching très déterminée à me faire savoir qu’elle était une gestionnaire qui a tendance à toujours vouloir « arranger » les choses et les gens. Elle m’a mentionné se sentir entièrement responsable du travail de tout un chacun. Lorsque je lui ai demandé quelles étaient les qualités qu’elle possédait pour assumer efficacement son rôle de gestionnaire, elle m’a indiqué être très bonne avec les chiffres, avoir une excellente connaissance de l’industrie et pouvoir faire avance les choses. Au cours de notre travail, Kim a découvert qu’elle voyait comme un fardeau le fait de percevoir les gens comme devant TOUJOURS se faire dire quoi faire. Cette façon de faire l’éloignait de la personne qu’elle désirait être : optimiste et joyeuse. Kim ne vivait pas avec intégrité parce que tout ce qu’elle possédait (aptitude intellectuelle; savoir-faire; et ingéniosité) n’était pas mis à profit pour devenir la personne qu’elle souhaitait être. Lorsqu’elle a commencé à se servir de ses aptitudes cognitives et de son ingéniosité d’une manière qui encourageait les gens à trouver leurs propres solutions, elle a commencé à se sentir plus optimiste et plus heureuse dans son rôle. Elle se rapprochait donc de qui elle désirait être.

Tony se percevait comme un agent de transformation: il exécutait des mandats liés à la gestion du changement et, dans le cadre de la gestion du processus, laissait des « cadavres » dans son sillage. Ce sont les termes qu’il a employés lors de notre première session. Il se présentait toujours à nos sessions en colère et anxieux, et exprimait souvent des regrets. Il a pris conscience que les compétences dont il se servait pour transformer une organisation, soit la persévérance, l’audace et la prise de risques, lui laissaient une impression de vide à l’intérieur parce qu’il utilisait lesdites compétences d’une manière qui l’éloignait de la personne qu’il voulait être. Voici ce qu’il m’a mentionné lors de nos sessions : « Il n’y a pas d’intégrité dans ce que je fais. » Lorsque je lui ai demandé ce qu’il voulait dire par là, il m’a répondu: « Cette personne, ce n’est pas moi. Je suis devenu ce qu’ils voulaient que je sois. » Pour Tony, son cheminement a consisté à reconnaître qu’il était plus qu’un homme courageux et plus qu’un agent de changement. Lorsqu’il a été en mesure de voir ces qualités en lien avec la façon dont celles-ci pouvaient le rapprocher de la personne qu’il voulait être, c’est toute sa perspective qui a changé. Il se montrait plus engageant et positif avec les personnes qui l’entouraient.

Nos mauvaises décisions nous définissent pas

Le second facteur consiste à accepter que nous sommes plus que nos mauvaises décisions et nos erreurs. Accepter ses échecs renforce la souplesse psychologique puisque cela exige que nous envisagions des options et que nous allions de l’avant avec un sentiment de « renouveau ». Savoir distinguer ce qui se passe dans notre tête (ce que l’on se dit à soi-même) et ce qui est vraiment possible dans le moment présent nous permet de ne pas devoir composer avec toutes les pensées indésirables qui occupent notre esprit. Les gens capables d’accepter leurs échecs et de gérer les possibilités sont plus aptes à se rapprocher de ce qui est important pour eux. La capacité de percevoir les possibilités nous oblige à se considérer comme le « JE- en cours de recherche d’options » plutôt que comme le « JE- étant un échec, incapable d’entrevoir les options possibles ». Observer le « Je-en cours », c’est vivre avec intégrité.

Kim a appris comment accepter ses échecs en voyant des opportunités dans ses expériences infructueuses. Maintenant, elle s’aperçoit très rapidement lorsque son cerveau est en mode «  arranger les gens », ce qui l’éloigne du type de leader qu’elle veut être. En étant à l’affût de cette tendance, elle s’est rapprochée de l’objectif de coaching qu’elle s’est fixé. Elle a été capable de constater ce que cela signifiait de vivre sa vision d’elle-même.

Pour sa part, Tony a dû accepter le fait qu’il avait bel et bien blessé beaucoup de gens et causé énormément d’anxiété et de peur pour ceux qui travaillaient pour lui. L’accepter signifiait qu’il mettait fin à son dialogue intérieur où il se percevait comme un homme dur et méchant qui faisait peu de cas des autres. Cette acceptation lui a ouvert l’esprit et permis de voir des opportunités d’amener les gens sur la voie du changement, de leur donner un rôle et de les laisser le diriger. Prêter attention aux choix qu’il faisait lorsqu’il dirigeait le processus de changement plutôt que de se voir comme l’issue de cette initiative lui a permis d’avoir un plus grand sentiment d’intégrité personnelle. Il m’a déjà dit lors d’une séance : « J’ai le sentiment d’avoir remis ma vie sur les rails. »

Faire preuve de bienveillance

Le dernier aspect est de choisir la voie de la bienveillance.  J’ai affirmé que j’opte pour la bienveillance dans la mesure du possible… Et j’ai dit qu’il est toujours possible de le faire. Je ne faisais pas seulement référence à le faire envers les autres, mais envers moi-même également. Le choix de la bienveillance consiste à reconnaître que nos expériences sont à la base de notre évolution… même les plus douloureuses. Le défi qui se pose est que nous passons beaucoup de temps immergés dans notre mer de mots, à savoir notre dialogue intérieur concernant nos expériences. La plupart du temps, nous nous enlisons dans les mots négatifs et cessons de croire au monde de possibilités. J’ai remarqué que les gens qui font confiance à la vie malgré des moments incroyablement douloureux font aussi preuve d’une plus grande bienveillance envers eux-mêmes et envers leur prochain. La bienveillance est la manifestation comportementale de la compassion. Votre capacité à faire confiance à la vie augmente lorsque vous faites preuve de compassion envers vous-même et envers votre prochain. Lorsque vous laissez plus de place à la compassion dans votre vie, votre intégrité augmente aussi.

À l’instar de tant d’autres VP, Kim ne pensait pas que les gens pouvaient bien faire le travail. Elle se disait qu’elle n’avait pas le temps d’écouter leurs points de vue, encore moins d’expliquer ce dont elle avait besoin. Elle n’avait aucunement confiance que les gens pouvaient accomplir le travail comme elle l’entendait. En commençant à changer sa façon de percevoir l’utilité de son intelligence et de son ingéniosité, elle a constaté qu’elle avait plus de patience pour écouter leurs points de vue. Par ses efforts pour prêter attention aux gens d’une autre façon, elle a été perçue comme faisant preuve de sollicitude à leur égard et se souciant de leur bien-être. Cette nouvelle façon de se comporter lui a permis de se pardonner plus facilement ses erreurs. Dans le cadre de ce processus d’auto-acceptation et de pardon, elle était plus prête à faire preuve de bienveillance envers elle-même. Durant une nos sessions, elle a avoué « Je sais que je n’aurais pas dû m’impatienter. Au lieu de m’en faire avec cela, j’ai simplement souri et me suis dit que je ferais mieux la prochaine fois. »

Quant à Tony, le fait d’agir comme il le souhaitait (plus bienveillant) l’a amené à avoir des conversations stimulantes avec les gens et une attitude plus confiante envers la vie en général. Les perceptions qu’avaient les autres de lui ont aussi changé. Les gens ont mentionné qu’il était plus aimable envers ceux qui avaient plus de difficulté à adopter le processus de changement et qu’il se montrait plus compréhensif envers ceux qui connaissaient des échecs. Dans une de nos sessions, il m’a dit: « Je ne peux pas croire tout ce que j’ai manqué! »

Dans la situation de Kim, son sentiment général d’intégrité a nécessité qu’elle reconnaisse qu’elle était plus qu’une experte ou une personne intelligente et astucieuse. Cela a exigé qu’elle se penche sur la façon dont elle utilisait ses qualités pour se rapprocher de la leader qu’elle voulait être. Dans le cadre de cette transformation, elle a acquis une force morale considérable pour surmonter ses erreurs comme gestionnaire sans perdre confiance en elle et en ceux qui l’entourent.

Quant à Tony, il est évident que son sentiment d’intégrité s’est renforcé lorsqu’il a commencé à observer ses décisions et ses actions, et à déterminer si celles-ci le rapprochaient de ce qu’il désirait être. Il a réalisé qu’il peut être efficace tout en étant aimable; qu’il peut être déterminé tout en restant en contact avec ceux qui l’entourent; et qu’il peut changer d’idée et qu’il est acceptable de le faire.

 Mot de la fin

Être à l’affût des situations où on s’enlise dans le monde des mots (et où on ne vit donc pas dans l’ici et maintenant) et diriger son attention vers les comportements qui nous rapprochent de ce qui importe pour nous dans la vie sont deux des choses que les gens s’exercent à faire durant le coaching.

Tout comme on vous encourage à prendre conscience du « JE- en cours » lors de vos expériences, l’attention est axée sur vous et sur les choix que vous faites pour vous rapprocher de l’état désiré lors de vos sessions de coaching également. L’état désiré n’est pas quelque chose qui vit dans votre tête. Il doit trouver une façon de se manifester dans la réalité. Par conséquent, le but ultime de tout parcours de coaching est de vous permettre de faire des choix qui renforcent votre attention sur les questions qui importent le plus dans votre vie. Mettre l’accent sur ce qui importe le plus équivaut essentiellement à vivre avec intégrité.

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Note aux lecteurs :

Le présent document est tiré d’un discours prononcé à titre de Conférencière invitée chez Stikeman Elliott en décembre 2015. Les noms et certains éléments du contexte ont été modifiés pour préserver la confidentialité.

 

 

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